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MIUT 2022

Publié le par Laulau

 

M I U T

MADERE ISLAND ULTRA TRAIL

85km et 4800+

ILE DE MADÈRE 

23 AVRIL 2022 

 

Et c’est là, sur cette partie du parcours, portion en alternance de faux plats montants et descendants, longue de plusieurs kilomètres, à une altitude d’environ 600m, au milieu d’une forêt d’Eucalyptus, innombrables, gigantesques, verdoyants et luxuriants, c’est là que je me suis vu en pleine reconversion professionnelle, mandaté par WWF, la Communauté Européenne et l’UNESCO après que je les ai contacté pour leur proposer de gérer la réimplantation de pandas sur cette superbe île !

 

Cette aventure a débuté précisément le 17 octobre 2021. Certe me direz vous ! Et pourquoi une telle précision ? Simplement ce jour-là était le jour de mon anniversaire, le jour de mes 50 ans !

Déjà, j’avais pas trop envie ni d’avoir, ni de fêter ce jour ! 50 piges, ça fait pas rêver ! Enfin moi, en tout cas, ça me fait (toujours) pas rêver !   

J’avais pas d’idées précises quant à la suite de mes courses, à l’objectif de l’année à venir… J’avais bien 2-3 trucs en visu mais rien de précis.

C’est donc ce jour fatidique que ça s’est décidé !

Enfin, perso, j’ai pas décidé grand-chose !

 

C’est le cadeau qu’Eva a eu l’idée de me faire : l’inscription au MIUT et le voyage qui va avec !

Inutile de vous préciser que j’ai été méga ému quand j’ai ouvert l’enveloppe contenant le précieux sésame !

Mon statut de traileur Régional, voir National, grâce à elle, allait passer au statut International (rire) !

Mon 1er trail intégralement à l’étranger. Je sais, Stéphane, j’ai déjà pris des départs d’Ultra en Italie, avec des passages en Suisse, mais là, c’est l’intégralité à l’étranger… c’est …WAOOOOOOUUUUUUUUuuuuuuuuuu !

Il y a 2 gros Ultras là-bas, un 115km et un 85. Eva aura la bonne idée de “m’inscrire” “uniquement” sur le 85, avec l’idée de pouvoir passer derrière une semaine de vacances rando. Cette idée me plait bien et je trouve que 85, ce sera bien assez suffisant pour une prépa qui sera courte.

 

La date de la course était annoncée le 23 avril 2022. A cause du Covid et des modifications en tout genre qu’il a généré dans beaucoup de domaines, l’édition  précédente de 2021 a été repoussée d’Avril à Novembre, et 2022 ne se fera que si 2021 a bien lieu ! Vous avez bien suivi ? Normalement, vous êtes déjà remonté pour relire ce passage.

Pour résumer, Avril 2022 se fera que si Novembre 2021 a lieu, sinon les inscrits de 2021 seront prioritaires, donc pas sûr que cela puisse se faire ! 

 

Et cette édition aura bien lieu ! Un 1er soulagement, à part un (énième) rebond de l’épidémie, cette course devrait bien avoir lieu, et je devrais y être. 

Pourquoi devrait ? Ben simplement car il n’y a que 500 dossards sur le 85, et que sur ce genre de courses internationales, les inscriptions, c’est un peu comme choper des places pour un concert de U2 au Stade de France, faut être sur le site au moment même où ça ouvre, car ca risque de ne pas traîner ! 

Ils sont assez vague dans la date des inscriptions, ça parle de début Janvier, mais rien de plus précis. 

Je commencerais à monter en volume uniquement à partir de Janvier, notamment avec plusieurs reco dans les Blaches pour notre sortie habituelle où l’on invite nos amis à découvrir nos terrains de jeu, la BBN Blaches By Night. 

 

Je scruterai le site du MIUT très très souvent, je veux pas rater le truc !

Finalement, les inscriptions ouvriront le 25 janvier à 16h. 

16h04… J’suis inscrit !!!!!!!!! Et trop heureux ! Punaise c’est trop bon ça ! 

16h40… Fin des inscriptions, course complète ! Quand j’vous dis qu’il faut pas traîner !

 

Une déchirure musculaire viendra stopper la progression, coupure obligée pendant les 2 1ères semaines de Février, ça me rassure pas, mais c’est pas la 1ère fois que je suis obligé de stopper mes entraînements pendant une prépa.

Cette déchirure au mollet s’est produite un lundi soir dans Chapulay, les bois au-dessus de chez moi, je connais cet endroit par cœur, chaque chemin, chaque recoin, chaque pierre, et chaque chevreuil !

Et chance quelque part, j’avais rendez-vous chez Thomas Kowalski, mon ostéo, le lendemain ! Il m’a bien trituré le truc, comme à chaque fois que je vais le voir après une blessure, il gratouille bien correctement, limite à me tirer une ptite larme, ça favorise et accélère la cicatrisation qu’il dit ! 

Donc coupure 2 semaines, puis reprise par des sorties courtes et sans forcer, j’en ferai 4 dans la semaine, entre 6 et 8km et ça passe bien. Le week-end sera une rando à Saillans dans la Drôme suivie d’un bon tour de vélo bien sympa le lendemain. 

En mars, c’est reparti dare dare, avec 2 sorties dans le Pilat par semaine. Une le mardi soir, et une le samedi matin. Ce sera bien sûr avec David que j’irai m’amuser là-bas, lui prépare la 1ère édition de la Traversée du Pilat (125km et 5500m+) début juin. Ce sera, là aussi, le report de l’an dernier suite à l’annulation dû au Covid. J’étais inscrit sur cette course, je ne pourrai pas y prendre part cette année, dommage. 

Par ailleurs, heureusement que l’on a ce massif pas loin de chez nous, car préparer un Ultra en hiver, si j’avais voulu aller en montagne, ça aurait été compliqué mis à part en ski de rando, et là, ben j’suis pas du tout expert et c’est pas mon domaine. 

 

J’avais bien vu que sur le profil du MIUT, les montées sont raides, c’est une île à l’origine volcanique, et je me doute que ça va grimper sévère, donc nos tours de le Pilat seront bien appropriés, car on se cogne des montées bien sèches quand on va là-bas !

 

Un samedi, Eva a eu une idée … un peu tordue je dirai !

Partir d’Estrablin, direction la piscine de St Maurice l’Exil, nager 1h, et revenir ! Là, sur le coup, ça m’a pas emballé comme idée ! 

Mais je savais que c’était une bonne idée, fallait simplement que je me la rentre dans la tête, les trucs tordus, moi, j’aime pas trop :-) 

Ca s’est bien fait finalement, un total de 65km en vélo et environ 2000m en natation… c’est passé crème !  

Je finirai ce mois de Mars avec 250km et quasi 12000+ au compteur en run. 

Avril arrive, mois de ce fameux dossard. Je m’étais dit que je voulais couper 2 semaines avant la course, soit le 9 avril, ce que je ferai ce jour-là, juste après que l’on ai fait, avec certains Srtistes, la VPT.

Cette Vienne Pilat Trail, c’est le off que Steph nous avait créé, et organisait chaque année, entre Vienne et Verannes en passant par une bonne partie des sommets du massif du Pilat. Une ptite trotte de 50km et 2200+. 

Cette balade se passera au mieux pour moi, je finirai en bonne forme, rassuré quant à la distance à 2 semaines de mon objectif. 

Les 2 semaines de coupure vont être utilisées pour la logistique lors de la course sur cette île. 

Barrière de la langue, ravitaillement, climat, humidité… De nombreux paramètres, de nombreuses inconnues pour moi. Idem pour Eva qui va me suivre en voiture, sans trop savoir à quoi ressemblent les routes là-bas.

Ces 2 semaines passent vite, préparation de mon sac, de mes ptites affaires pour la course, je vérifierai mainte et mainte fois, cette fois, pas question d’oublier un truc, ça sera pas possible de revenir le chercher.

 

Je mettrai l’intégralité de mes trucs de courses dans ma valise cabine : sac, vêtements, chaussures, matos obligatoires, batterie annexe, barre énergétique, etc … Je me dis que si ma valise en soute se perd et que j’ai le matos dedans, et ben plus de course le Laulau !

 

Le décollage aura lieu le jeudi matin, avant veille de la course, à 6h35 de Lyon, départ à 4h de la maison, ça pique un poil. Escale à Lisbonne, pour ensuite aller se poser à Funchal, l’aéroport de Madère, l’un des 10 aéroports les plus dangereux au monde !!!!

Si si, c’est vrai ! Je vois les plus septiques d’entre vous aller vérifier ça sur Google au cas-où je raconterai des carabistouilles… mais non, c’est bien vrai ! 

Je vous met le lien si vous voulez vous en assurer :

 

 

 

Ca se passera très bien finalement, comme je le dis toujours, 100% des avions dans lesquels je suis monté ne sont jamais tombés ! 


Arrivés sur place, on récupère nos bagages, la voiture de location que l’on a réservée et c’est parti. 

Et là, d’entrée, on voit tout de suite qu’on est sur une île à l’origine volcanique ! 

Ça grimpe raide ! Certes, la voiture est pas très puissante, une Peugeot 108 3cyl de 1000cm3, et, remettre un ptit coup de 1ère en montée, ben ça arrive fréquemment ! 

Installation à l'hôtel, et direction Machico, la ville d’arrivée des courses, pour récupérer mon dossard.  J’y vais comme d’habitude avec mon sac de course, matos obligatoire dedans, les frontales et batteries de rechange et tout le toutim… Et rien n’est vérifié ! Comme lors de l’UT4M l’an dernier ! 

Ce qui ne m'empêchera pas de partir avec tout ce qu’il faut, voire plus car je rajouterai dans le sac un sweat technique, un cuissard long et des gants. 

 

Traditionnelle photo sur la ligne d’arrivée :

 

MIUT 2022

 

Je me dis que quand j’en serai là dans la nuit de samedi à dimanche, ça sentira très très bon. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre, à intégrer le fait que j’étais venu ici pour un Ultra…  Je sens un regain d’émotion… et j’me dis mais Kesquejfouslà ! J’peux pas faire comme tout le monde et partir tranquillou en vacances, sans être obligé de faire des trucs de ouf comme ça ! 

Je commence à flipper ! Oui, je sais, vous allez me dire que j’ai déjà fait des trucs bien plus durs, bien plus longs et que, comme dirait Robin, mon fils, ça va être une promenade de santé ! Ben oui, mais non ! C’est jamais une promenade de santé, un truc comme ça. On sait jamais comment ça va se passer, si tout va dérouler, si il va avoir des coups de moins bien, la météo a son rôle à jouer elle-aussi, et pas des moindres. 

Je pense que ma prépa a été trop courte, et je flippe de pas être à la hauteur de ce beau présent qui m’a été offert. 

 

Pour vous donner une idée du profil, le voici : 

 

MIUT 2022

 

Je l’ai regardé, analysé, enregistré, mémorisé, imprimé, et il y a différents endroits qui attirent mon attention : 

  • La montée du 10 au 15… bien raide, va falloir gérer, ce sera en début de course et les cannes seront encore fraîches.
  • L'enchaînement grosse descente grosse montée du 25 au 42 ! L’épouvantail ! Déjà descente très raide, 800m- sur 3km et grosse montée de  1400m+ sur 11km ! Un gros gros bébé ! 
  • Et la longue descente du 47 jusqu’au 72, celle-ci aussi peut faire du mal ! 

 

Robin m’avait dit : 

“-c’est facile à partir de là, ça fait que descendre” 

Pour ceux qui ne le savent pas, la descente est très très traumatisante, bien plus que la montée, et c’est loin d’être un exercice facile. 

 

La particularité de ce parcours, c’est que les 4800m+ sont concentrés sur les 45 1ers kilomètres, mis à part les 380m qui restent à la fin, mais là, on peut croire que c’est peanuts.

 

L’objectif est, bien sûr, de finir, et j’me dis que si tout roule correctement, j’aimerais bien finir en 18h maxi, soit le dimanche matin à 1h. Depuis le début, je pense et j’imagine un parcours assez technique, des pierres, des roches, des racines, on dit quand même que le MIUT, c’est une ptite Diagonale des Fous à la Réunion.

En parlant de la Diag, finir ici me permettrait d’avoir le droit de pouvoir m’inscrire là-bas… J’ai largement assez de points suite à l’UT4M, mais il faut les points sur 2 courses, et ben je les ai que sur une seule ! C’est ballot ça non ?

 

Le lendemain matin, au ptit dej, il y a d'autres traileurs, dont un couple d’une soixantaine d’années bien tassée. 

Ils ont déjà fait le MIUT il y a 3 ans, ils ont adoré, d’ailleurs ils sont revenus tellement ils ont trouvé ça beau. Mais, quand ils me disent que c’est roulant, pas du tout technique, là, je commence à être méga surpris, et j’avoue que je prête plus trop attention à leurs paroles…Surtout quand ils me disent qu’ils viennent de Corse ! Ah ben oui, forcément, en Corse, là, c’est sûr que c’est pas roulant ! Mais c’est pas comparable non plus ! 

 

Veille au soir de la course, prépa minutieuse du sac, des fringues, une assiette de pâtes et au lit. La météo a changé, c’était annoncé pas trop mal, et ben maintenant, c’est moins bien avec des précipitations. J’espère que je vais trop pas me faire saucer sur la course, c’est plus le même délire. 

Le réveil est programmé pour 4h, pour partir de l’hôtel à 5h. Le départ de la course est à 7h à 1h de route de l'hôtel. 

 

J’ai bien dormi, pas trop stressé par la journée à venir, une ptite boule dans le ventre quand même, j’ai dû mal à manger, pas faim. 

Notre hôtel est situé au-dessus de Machico, dans les montagnes, et il fait frais… environ 10 degrés.  

Sur la route, il mouillasse un peu, quelques gouttes. On longe la côte sud, et on bifurque vers le nord en passant pas mal de tunnels. Il y a beaucoup de tunnels sur l’île, et juste après l’un de ceux-ci… On se prend une rincée !!!!!! Un gros blanc dans la voiture !!!! On a l’impression que les pompiers sont là et arrosent la route avec une lance à incendie ! Mais non, c’est la pluie ! Oh putain si je me prends ça sur la courge toute la journée, ça va pas être sympa. Ni pour moi, ni pour ma suiveuse non plus d’ailleurs !

La pluie se calme et reprend… c’est pffffffff ! 

Ceux qui font le 115 sont partis dans la nuit, à 0h et eux, c’est sûr, ils se sont fait et se font rincer !! 

 

On arrive à Sao Vicente, lieu du départ du 85. 

Il y a déjà pas mal de monde. Le stress commence à grimper.

6h20 je sors de la voiture, brasse dans mes sacs, range ci, fais ça, serre mes chaussures, rebrasse mon sacs, rajoute des trucs, en enlève d’autres; resserre mes chaussures… Putain le stress !  Vivement qu’on parte.

On va vers le départ… Grosse montée en tension, grosse montée d’émotion… Ça y est, j’y suis, une fois de plus, me voici au départ d’un Ultra. Il ne pleut plus. 

Je rentre dans le sas de départ, Eva est de l’autre côté de la barrière. Et ben ça m’l’avait pas fait à Grenoble pour l’UT4M, mais là, si ! Une ptite montée d’émotion, le nez qui commence à piquer,des ptites larmes arrivent… 

 

MIUT 2022

 

Eva immortalise le moment. 

J’avais regretté pendant l’UT4M de ne pas avoir pensé à la prendre en photo… Elle me prend tout le temps, sous toutes les coutures, et moi, dans ma bulle, dans ma course, j’avais complètement zappé de lui rendre la pareille. J’m’étais dit que là, sur celle-ci, je me devais d’y penser, de la prendre elle-aussi en photo. C’est un gros job de suivre une personne sur une course comme ça, entre les checks points à trouver, le temps à attendre, les conditions météo, ça se fait pas tout seul. Et puis il faut pas oublier que c’est à elle que je dois cette course, que je dois cette superbe idée…Et ben le couillon que je suis, là-aussi, j’vais complètement oublier de la prendre en photo aussi ! 

 

Un coup de panique… Je regarde les autres, y en a qu’on des frontales sur la tête, et là, je réagis, il fait nuit ! Je quitte rapidement mon sac, sors le sachet étanche où sont stockées mes lampes, et je sors ma frontale. Super, j’ai mis du temps à tout préparer, tout ranger correctement dans le sac, et en 10 secondes, à 5 mn du départ, j’ai mis un beau merdier là-dedans ! 

 

On a très très souvent de la musique sur le départ d’une course, quasi tout le temps, et très très souvent, c’est AC/DC ! Ça tombe bien, j’adore ces Australiens depuis que j’ai 10 ans ! Et là aussi, on aura droit à un ptit coup de Highway To Hell, l’autoroute de l’enfer ! Beau programme pour la journée.

 

Et go. Le départ est donné… Voici 500 traileurs et traileuses lachés sur leurs objectifs.

 

Ça part vite ! On est sur du bitume, léger faux plat montant, une voiture de police ouvre la route avec un gyrophare, ce qui me permet de voir en gros où se situent les 1ers, même si je sais qu’eux et moi, on fait pas la même course. 

On quitte la route principale au bout de 2km, et on commence à grimper… On fera en tout 5km de goudron avant de toucher le 1er chemin… Enfin !!! J’aime pas le bitume, et je commençais à trouver ça long. 

 

MIUT 2022

 

Je gère ma vitesse, je me fais doubler, pas grave… La journée va être longue, enfin je l’espère. 

J’atteins le 1er ravito, je m’arrête pas, j’ai pas besoin. Je suis 260ème et 30ème M50 (catégorie des vieux).

J’ai enlevé la frontale bien avant ce ravito sans l’avoir allumée… Un coup de flip pour rien et le merdier dans le sac pour rien non plus ! 

 

Voici devant moi la 1ère belle grimpette, je la gère bien, j’ai pris mon rythme de croisière. Le second ravito approche, j’entends les supporters en descendant (ne pas se déconcentrer d’ailleurs, la descente est technique #lescorsesdelhotel).

 

Eva est là, mais ne peut rentrer dans le ravito, il y a une zone assistance, mais avant le ravito, un peu absurde. Je m’arrête peu, je fais juste le plein en eau, mange 2-3 trucs. Les ravitos étaient un de mes questionnements sur cette course. Je me suis bien posé la question de ce que j’allais trouver, moi qui aime bien manger salé en course, pain, saucisson, jambon, fromage…  Bon, ben le pain, on oublie, le saucisson aussi. Le jambon et le fromage, y en a, mais pas top top. 

 

Je serai arrivé à ce second ravito à 9h30, j’ai 3h d’avance sur la barrière horaire, c’est nickel. 

 

Je repars assez vite là-aussi, une ptite descente, une ptite montée, et me voici arrivé sur un faux plat montant… Et c’est là que … Vous vous souvenez de ma phrase du début ?

 

Et c’est là, sur cette partie du parcours, portion en alternance de faux plat montant et descendant, longue de plusieurs kilomètres, à une altitude d’environ 600m, au milieu d’une forêt d’Eucalyptus, innombrables, gigantesques, verdoyants et luxuriants, c’est là que je me suis vu en pleine reconversion professionnelle, mandaté par WWF, la Communauté Européenne et l’UNESCO après que je les ai contacté pour leur proposer de gérer la réimplantation de pandas sur cette superbe île !

 

Et bien c’est vrai ! J’ai pas du tout eu d’hallucination, mais là, à cet endroit précis, j’imaginais des pandas qui descendaient des eucalyptus ou qui nous regardaient passer. 

Une végétation tellement luxuriante, chargée de chlorophylle, florissante grâce à l’humidité ambiante, des fougères énormes… Une multitude d'odeurs de terre, de verdure, d’arbre, et surtout d’eucalyptus ! Un truc de fou ! 

Je me suis cru en pleine jungle.

 

MIUT 2022
MIUT 2022

 

Ah la faune et moi !!! Pour ceux qui ont l’habitude de courir avec moi, ils savent très bien que je suis toujours à l'affût pour observer les animaux sauvages. Lors d’une sortie dans le Vercors avec Fred, après que j’ai discuté un peu avec une marmotte, il m’avait dit qu’il avait oublié que je parlais aux animaux.

 

Bref, on en revient à nos moutons… On continue sur un 500 m+, et derrière, ce sera la fameuse descente que je redoute. Je commence à avoir le dessous des pieds qui chauffent ! Rigolez pas, c’est pas drôle et c’est vrai surtout ! 

Limite ça me brûle. J’ai pas les mêmes chaussettes que j’utilise habituellement, mais je les ai testées celles-ci, je pars pas sur un Ultra sans connaître mon matos. Mais ces chaussettes me chauffent la plante des pieds, et j’ai du mal à faire la descente. Je la ferai tranquille, sans envoyer, gestion gestion. Je me laisse doubler, ça va vite, et je me dis qu'à aller aussi vite, y en a qui vont se griller les papattes. 

Raide et technique, beaucoup de marches d’escaliers en rondin dans cette descente  (#lescorsesdelhotel)

Je retrouve en bas Eva, on va au ravito n°3 ensemble, à Curral das Freiras. 5h39 de course pour 30km. Je suis assez satisfait, je suis en dessous de mes prévisions. 

Eva va me chercher un bol de pâtes pendant que je change de chaussettes, j’en avais prévu une paire de rechange dans un sac qu’Eva tient à ma disposition. 

Le bol de pâtes, il le fallait, j’ai faim, et je sens qu’il faut que je reprenne des forces avant d’attaquer la grosse bute du jour. Il est presque 13h. 

Je mange bien, je m’hydrate correctement, remplissage des flasques, comme d’hab, avec un tier de coca et le reste en eau, et je repars. Il y a devant moi les fameux 1400m de dénivelé positif. Je reverrai Eva au km48 environ, sur un des 2 sommets de l’île. 

Avant, on sera en pleine pampa ! 

Ça débute sur la route, et on prend rapidement un chemin qui rentre DDP dans la forêt. DDP est un terme très très technique, Dré Dans l’Pentu ! 

C’est raide raide au début, et ça s’adoucit pour être assez régulier. Je ferai le début avec un Français qui me demande si je veux passer, je lui dirai que non, je suis à mon rythme, et c’est bien comme ça. 

Je monte, en rythme, mais je gère, je suis régulier. J’ai étrangement pas envie de parler sur cette course. Je ferai une bonne partie avec une Belge et un Français qui resteront juste derrière moi, ils discuteront tout le long. Je les ai écouté, lui vient de s’installer en Savoie, et s'entraîne beaucoup, il est sur divers Ultra après celui-ci. Elle vient souvent en France pour s’entraîner, fait du VTT de descente, beaucoup de course aussi, c’est sa 1ère longue distance, est sur Madère en van. Je les écouterai sans parler, juste écouté, ça m’aura occupé la tête. 

Je gère ma montée, mais je double, je suis bien.

Je savais qu’on avait une légère descente et que ça regrimpait ensuite… Mais j’suis un peu paumé dans le truc. Je croyais que le ravito était proche et il arrive pas. Je commence à sentir qu’il faudrait que je mange un bout, j’ai déjà mangé une barre dans la montée, mais je veux pas ralentir, je suis dans un bon groupe, on avance bien et je veux pas les lâcher. Je pose donc une mine (une accélération hein !!!… rien d’intestinal !), j’accélère et double cette petite troupe, juste une fille arrive à me suivre, et je ferai la fin de la montée comme une balle, on aura lâché tout le monde en peu de temps.  

J’entends du bruit, des cris en contrebas, c’est le ravito de Pico Ruivo, le plus haut sommet de l’île. Je vous ai pas fait de photo ici, non pas que j’avais pas le temps, mais on est complètement dans les nuages, et il fait pas chaud. 

Le ravito est dans un gîte de montagne, les boissons sont à l’extérieur, et le solide à l’intérieur. Je remplis mes flasques, et je rentre manger un bout. Je resterai très peu à l’intérieur… Il fait chaud et je veux pas m’habituer à cette chaleur, ce sera difficile de sortir et de repartir ensuite. Je serai d’ailleurs stupéfait du monde qu’il y a là-dedans, assis, il y a des canapés sur les pourtours du gîte et ils sont posés là, pépouze, et j’me dis qu’ils sont dingues, repartir une fois bien chaud alors que ça caille sera pas évident. 

J’envoie un ptit message à ma suiveuse pour lui indiquer que j’en ai terminé avec cette belle montée, j’hésite sur le fait de me couvrir un peu plus ou pas… Et je repartirai finalement dans la même tenue.

J’ai maintenant devant moi une dizaine de km où l’on va faire du yoyo, des montagnes russes. J’ai pas trop mémorisé cette partie du parcours. 

Cette portion sera une des plus belles parties de la course !!!

J’aurai des montées d’escaliers super raides, des descentes d’escaliers encore plus raides, on pénètre dans un cirque et on est entouré de montagnes. A certains endroits, on peut voir l’île à 360, on voit l’océan de chaque côté, c’est magnifique. 

C’est encore nuageux, mais beaucoup moins ce qui me permet d’avoir de la vue. 

Ce chemin est magnifique, lors d’un virage, on aperçoit plus loin ceux qui sont devant nous, on voit bien dans ce cirque où l’on va passer… C’est sublime !

 

MIUT 2022

 

Le chemin est creusé à même la montagne, il y a un cable côté vide en guise de parapet, certaines portions sont pavées ! Mais comment ils ont pu avoir l’idée de venir poser des pavés ici, en pleine montagne, à plus de 1500m d’altitude, et avec quels moyens ? 

Et d’un coup, je vois au loin les personnes qui sont devant qui disparaissent !!! Je comprends pas trop et en m’approchant, je vois un tunnel ! Y a même des tunnels piétons ici, en pleine montagne ! J’en emprunterai 4, dont 3 qui font environ 200m de long, 2m de large et autant de haut.

 

MIUT 2022
MIUT 2022

 

C’est assez fou ça ! J’imagine le job pour créer ces tunnels, ces sentiers. Truc de ouf ! 

Je me dis qu’il faudra vraiment que l’on revienne ici avec Eva pendant la semaine, car si il y a bien un chemin exceptionnel ici, c’est celui-ci.

Mais il y a toujours des grosses pentes, que ce soit en montée ou en descente. Ca fait pas marrer. 

Je vois plus très loin l’observatoire militaire de Pico Aruivo, la fin de la partie sommitale de la course. 

Je suis toujours aussi bien et ce passage m’a énormément plu ! 

Eva est venu m’attendre en haut du Pico : 

 

MIUT 2022

 

Ça me fait du bien de la retrouver ici alors que ce n’était pas prévu. Le ravito suivant n’est plus très loin, 4km de descente. 

 

Le début de la descente est difficile pour mes jambes, j’ai dû mal à faire la transition montée/descente, ça ira mieux par la suite. 

J’arrive au ravito, Eva rentre avec moi. Je recharge les flasques, je mange fromage, gâteau Portugais (très bon d’ailleurs), chocolat.

Eva me dira que je fais que progresser au classement, ça me surprend pas car j’ai doublé pas mal dans la montée, et aussi dans la dernière descente. Elle me dira que je suis 222 au général et 21ème en M50. En plaisantant, je lui réponds que je vais essayer de faire dans les 20 1ers M50. 

Et je repars, mais là, à ce que j’ai vu dans poste de ravito où les autres s’arrêtent longtemps, je me dis que c’est pas con ça, de finir dans les 20… voir dans les 15 ! 

Et là, 2 fils se connectent (ou se déconnectent au choix) et je pars dans l’idée de doubler tous ceux que je verrai devant moi. Pari un peu osé, risqué, car il me reste quand même environ 40km. Je suis aussi dans le 3ème point que je vous avais indiqué, à savoir la longue descente interminable.

Le chemin est à nouveau superbe, single cheminant au milieu de la végétation, ça descend régulièrement sur 11km pour atteindre le ravito de Portola. Je doublerai tout du long, coureur seul ou en groupe, certains qui courent ou d’autres qui marchent, qui sont cuits, certains ont l’air pas trop mal, certains sont au fond du gouffre… Et bien je les double et je ne ralentis pas.

J’arrive à Portela, km61 206ème scratch et 17 M50.

Je décide là-aussi de ne pas beaucoup m'arrêter, je me sens au top et je veux continuer sur cette dynamique. Il est 20h quand je passerai Portela, et j’ai largement de la marge, la barrière est ici à 2h du mat.  

Je repars au même rythme, on est toujours sur un profil descendant, mais je me calme un peu, c’est très humide, très pentu et très pavé ! Donc ça glisse et j’ai pas envie de me faire mal. J’ai déjà chuté 2 fois aujourd’hui, sans conséquence, mais là, c’est des pavés et il y a un risque plus important. 

Mais je continue néanmoins à doubler. Dès que je passe un mec, je regarde discrètement son dossard pour voir si il est sur ma course, et je regarde vite fait son âge… et yes, un M50 de doublé là-aussi.

On aperçoit bien l’Océan maintenant, et le prochain ravito est à 16m d’altitude, donc tout en bas. 

C’est, là-aussi, sublime : 

 

MIUT 2022

 

J’arrive au ravito en ayant encore glané quelques places, il est 21h et je ne vais pas m’arrêter trop longtemps ici non plus. Je suis en avance sur mes estimations, je me dis que je peux terminer en 16h30 au lieu des 18 prévues. Je dis à Eva que j’aimerais bien finir avant minuit. 

Je me ravitaille rapidement, je sors la frontale car je sais que je vais en avoir besoin maintenant. Et je repars. Il me reste 15km et 390m+. Ça commence à sentir méga bon.

J’allumerai ma lampe quasi de suite. Ça grimpe encore bien, les jambes sont encore pas mal. 

Mais sur la fin de la montée, encore et encore des marches d’escalier, j’ai les quadris qui se mettent à grincer ! Ça m'arrive d’un coup d’un seul, les cuissots n’en peuvent plus, et je suis limite à cramper. Je me pose d’ailleurs la question de savoir si on peut ou pas cramper des cuisses ! Pour info, j’aurais monté environ 300 étages sur cette course.

 

Fort heureusement, les marches d’escaliers se finissent ici ! La montée continue, mais sur chemin, et la douleur aux cuisses s’en va. On a ensuite un long faux plat montant, on entend la mer juste en dessous, on est à flanc de falaises, je me doute que c’est magnifique où je suis, mais il fait nuit et, dommage, je ne verrai pas le paysage. 

 

Encore une histoire de faune, une vraie : j’entends à ce moment là des cris bizarres. On dirait le tsoin tsoin de Didier, le chien du film de Chabat, il a un tsoin tsoin dans la gueule qui fait le même bruit que j’entends ici. Je pense à des grenouilles, car dès que j’approche, le bruit s’arrête. Et je verrai d’un coup un oiseau, style mouette qui passe juste à mes côtés, et je me rends compte que c’est elle qui a ce cri ! 

Je ferai des recherches dès le lendemain pour trouver ce qu’est cet oiseau, et bien c’est le Puffin de Cory, et voilà son tsoin tsoin : 

 

 

J’aurais découvert un truc lors de cette course.

 

Je continue mon parcours, je m’approche de la ligne au fur et à mesure de mes pas. Je continue à doubler, je suis toujours bien, je me sens en pleine forme.

Lors d’une légère descente un peu technique, je vois un concurrent qui a pas l’air très frais. Il est sur un passage un peu pierreux, se décale, et me fait signe de passer.

Je détourne mon regard un 10ème de seconde du chemin… et drame ! 

Mon pied se glisse dans une fente, je perds l’équilibre et je tombe limite sur le bas-côté. Mais le pied est resté au même endroit dans la fente. Je sens ma cheville qui vrille et qui me fait mal immédiatement. J’essaie de me relever et … Putain d’sa mère comme ça m’fait mal ! Le mec me dit “slowly slowly”, mais je l’écoute pas. Je prends appui sur mes bâtons et me relève, je pose mon pied et j’ai super mal. Putain mais non mais c’est pas vrai ! Pas ici ! Je suis au 79 ! Il me reste 6 bornes… C’est pas possible, je peux pas arrêter ici !

Je serre les dents, je fais un pas, puis 2 puis 3. Le mec me redit “slowly slowly” mais j’ai vraiment pas envie de faire slowly !

 

Je continue, et je me dis qu’il faut y aller tant que c’est chaud, car quand et si ça refroidit, ça va vraiment faire mal. 

J’appelle Eva, on avait convenu qu’elle vienne à ma rencontre pour faire les derniers km avec moi. Je lui fais part de la chute et de la blessure. Elle me dit qu’on devrait pas tarder à se croiser, qu’elle est pas loin. 

J’ai les boules… pour la course, mais aussi pour la semaine de vacances derrière. J’ai pas le droit de la bloquer et de la priver de rando alors que c’est elle qui a tout programmé et tout organisé ici.  

Je tente le coup de trottiner pour voir, et ça à l’air d’aller. Je continue donc comme ça, un mélange de trot et de boitage, c’est pas top, mais je vais un peu plus vite et la cheville se refroidira moins comme ça. J’ai les boules aussi car j’ai fait une super course, j’ai rarement géré comme aujourd’hui, et j’ai pas trop envie de me faire redoubler par ceux que j’ai passé auparavant.

Je croise enfin Eva qui est surprise de me voir trottiner. Elle voit bien que j’ai mal, et me demande si il faut aller chercher la voiture pour que j’arrête. Mais non… Main non ! Hors de question que j’abandonne à 4 ou 5km de la fin. Même si cet Ultra devait être mon dernier, je le finirai en rampant, mais je le finirai. On continue donc comme ça et au bout d’un moment, j’arrive plus à courir, donc je marche un peu plus vite que normalement. Je serre les dents.

Je me fais doubler ! Les boules ! Entre 15 et 20 concurrents profitent de ma blessure, pour me passer devant ! Aucune pitié :-)
Un concurrent Français juste devant moi me dira de faire attention sur la dernière portion qui descend jusqu’à Machico, car il me dit que c’est un peu technique, pas long, mais technique (#lescorsesdelhotel).

Je descendrai en prenant appui sur mes bâtons, en faisant extrêmement attention d’où je pose mon pied, et me voici sur le bitume, le long de la plage, la ligne d’arrivée est toute proche.

Je trottine, je serre les dents… et je passe enfin cette ligne !

 

MIUT 2022

 

Putain je l’ai fait !!!!!

J’avais dit à Eva que je voulais terminer avant minuit pour qu’elle n'attende pas trop, et je finis à 23h49.

J’aurais mis, pour faire ce parcours de 85km et 4800m+, 16h49, ptit rappel, j’avais prévu 18h.

Je finirai 195ème au scratch sur 339 finishers, 485 partants

14ème M50 sur 40 finishers, 50 au départ.

On me remet tout de suite ma médaille de finisher.

 

https://ts.uma.pt/AthleteDetail/111/281/137664

 

Pour info, pas de larmes à la fin de cette course, mais beaucoup d’émotions. Je remercie une fois de plus Eva de son cadeau, certains auront du mal à comprendre que ce genre de cadeau puisse faire plaisir, mais pour les gens normaux comme moi, ce genre de cadeau est énorme.

 

MIUT 2022

On va manger un bout au repas course, une petite bière car faut pas déconner non plus, et je vais voir les médecins, même si je me doute qu’il pourront rien faire. Ils me donneront de la glace et des conseils.

Ah oui, dernière info… J’ai maintenant les points et le bon nombre de courses pour avoir la possibilité de m’inscrire à la Diagonale des Fous !

 

Je le redis, comme je l’avais déjà écrit il y a quelques années, ne voyez dans ce CR aucune forme de prétention ou de narcissisme, j’ai écris ce texte uniquement par plaisir de l’écrire et surtout pour le plaisir de partager avec vous ce que j’ai vécu, de partager ma passion par l’écrit. J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette course, et beaucoup aussi dans ce résumé, à essayer de retranscrire cette course, ces paysages et mes émotions.

Je vous remercie d’ailleurs de m’avoir lu. 

 

Je sais que certains vont se demander si j’ai pu randonner sur la semaine. 48h de repos, c’est ce que j’ai dit à ma cheville que je lui accordais ! Après, on allait aller se balader et on l’a fait. Je nie pas que j’ai serré les dents et que j’ai couiné parfois, mais j’ai pu randonner… 4 randos, 2 petites et 2 un plus pêchues.  

Je pense que j’ai été à la hauteur du présent que j’ai reçu, à la hauteur de ce magnifique cadeau qui m’a été fait. 

Ce fut une prépa courte, mais intense, un prépa avec un avion de chasse, David. 

C’est toujours très dur d’essayer de te suivre dans l’ascension du Pilat, mais c’est sans doute ça aussi qui fait que j’ai été prêt sur cet Ultra. 

Je te souhaite de prendre le même plaisir sur la traversée du Pilat que moi j’en ai pris ici, à Madère, sur le MIUT. Je penserai bien à toi.

 

Je tiens une nouvelle fois à remercier Eva pour cette sublime idée, mais aussi pour l’assistance et la patience qui vont avec. 

Cet Ultra est sans doute un des plus beaux que j’ai réalisé. Le parcours, l’orga, les paysages, la végétation, la faune, le dépaysement, l’exotisme, et surtout ta présence et ton soutien… Tout était réuni pour que cette course soit mémorable et reste ancrée bien au fond de ma mémoire. Ce fut plus que fantastique ! 

 

M.E.R.C.I. 

 

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